Lorsque j’étais une oeuvre d’art - Eric-Emmanuel Schmitt

26022010

LORSQUE J'ÉTAIS UNE OEUVRE D'ART

(ERIC-EMMANUEL SCHMITT)

LIVRE DE POCHE - ROMAN - 253 PAGES - 10.95$

Lorsque j'étais une oeuvre d'art est un livre sans équivalent dans l'histoire de la littérature, même si c'est un roman contemporain sur le contemporain.  Il raconte le calvaire d'un homme qui devient son propre corps, un corps refaçonné en oeuvre d'art au mépris de tout respect pour son humanité.  Malléable, transformable, il n'est plus qu'un corps sans âme entre les mains d'un esprit diabolique dont le génie tient avant tout à son manque de scrupule.

En partant, je vous le dis, ce livre est un chef d'oeuvre, sans jeu de mots.  On se met à la place d'un homme dont on a retiré l'humanité.  Il est réduit à n'être qu'un simple jouet, un joujou que l'on vend, que l'on place aux enchères, que l'on met sur un socle pour qu'il reste planté là toute la journée dans un musée à se faire admirer par de nombreux visiteurs.  Est-il beau? Est-il laid? Personne ne le sait, surtout pas le lecteur, donnant une profonde atmosphère créative à ce dernier qui peut se l'imaginer comme il l'entend.  Plus poussé que ça, à l'intérieur même du livre, les autres personnages ne savent pas plus s'il est laid ou s'il est beau, car l'art est abstrait et on se demande si ce n'est pas l'artiste qui fait cet art-là. 

Il y a dans ce bouquin un mélange de thèmes tournant tous autour de l'art d'aujourd'hui.  La popularité des oeuvres, la valeur de ces oeuvres par rapport à l'artiste, la beauté, la laideur, les processus créatifs, les musées, la rigidité des gouvernements face à leur acquisitions artistiques, l'humain face à l'art.  L'homme, libre et serein, s'en voit renvoyer à une prison de lui-même qui nous amène à nous demander si nous avons cette liberté tant proclamée. 

Que vous aimiez l'art ou non.  Ce roman est fait pour vous.  Sous un style unique, fluide, agréable et des personnages forts attachants ou totalement méprisables, vous apprenez sur l'art tout en l'aimant et en la détestant à la fois, car on y voit clairement les deux côtés de la médaille.

Un classique de littérature je vous dis.  Allez! Précipitez-vous! Go!

10/10 




L’Affaire Trystero - Laurent Chabin

16122009

L'AFFAIRE TRYSTERO

(LAURENT CHABIN)

ROMAN - ÉDITIONS HURTUBISE - 184 PAGES - 12.95$

Résumé:

Un crime particulièrement ignoble vient d'être commis sur un campus. Douglas Feral, la victime, professeur au département d'histoire ancienne à l'Université de Calgary, était un homme tranquille et respecté, qui n'avait aucun ennemi connu. S'agit-il d'une erreur ? Or, au fur et à mesure que défilent les témoins - qui, chacun leur tour, prennent la parole - le mystère s'épaissit et le nom de l'énigmatique et insaisissable Trystero apparaît partout, n'apportant que confusion et ténèbres supplémentaires. Qui est ce mystérieux personnage surgi d'un autre âge? Quelles sont ses effrayantes motivations? A-t-il vraiment existé ? L'inspecteur Keaton secondé par son acolyte Arbuckle, mène l'enquête. Tous deux déstabilisés par tout ce charabia de lettré, doivent demander l'aide du Dr V. Pynchon, médecin légiste et ancien étudiant de Feral. Tandis que l'enquête piétine, sous l'oil attentif de l'assassin, les meurtres s'accumulent et l'effroyable vérité - que personne ne veut vraiment affronter - demeure cachée sous les mours hypocrites des plus hautes personnalités de la ville. Proxénètes, professeurs d'université, jeunes femmes asiatiques et inspecteur de la GRC se côtoient dans ce polar polyphonique passionnant.

Commentaires

Une roman sans réel intérêt qui ne pique rien du tout, sinon l'envie de dormir.

Faut l'avouer, vite comme ça, le quatrième de couverture met l'eau à la bouche.  Cependant, au fil de la lecture, je me suis rendu compte que l'essentiel m'avait déjà été dit et que les supposées surprises dans le roman étaient soit trop banales, soit mal amenées donc évidentes, soit clichées.  Prenez l'exemple sur la finale où on nous balance comme ça, à froid, que l'agresseur était victime et qu'elle avait une jumelle qui explique tout.  En passant, les jumelles qui se font passées pour leur soeur, c'est passé mode et déjà vu.

Il m'a fallu un réel effort pour terminer la lecture de ce bouquin car j'espérais tout de même être surpris.  Non. Rien.  La mort totale.  J'ai eu l'impression que les punchs étaient balancés tout croche et que ça donnait, au final, rien du tout. L'enquête tourne en rond, les policiers sont incompétents, la littérature anglaise a une place de choix et le nom de Trystero qui revient tout le temps est semi inutile.  On aurait pu s'en passer. 

Le style de l'auteur est travaillé mais sans plaisir dans la lecture.  Un peu comme un orateur qui choisit bien ses mots mais qui a un timbre de voix trop sobre ou terne.  C'était endormant.  J'ai vraiment été chanceux que le livre ne contiennent que 184 pages sinon je n'aurais pas réussi à aller jusqu'au bout.  Les répétitions de situations sont nombreuses, trop, malheureusement. 

Finalement, je vous le recommande pas vraiment, il se fait de la lecture policière meilleure que ça au Québec.  En fin de livre, on stipule que c'est la première fois que l'auteur s'adresse à un public plus vieux.  Il aurait peut-être dû rester dans le jeunesse.

Ma note: 3.5/10

Liens:

+Éditions Hurtubise  

+L'Affaire Trystero - Archambault.ca




Un petit pas pour l’homme - Stéphane Dompierre

24102009

UN PETIT PAS POUR L'HOMME

(STÉPHANE DOMPIERRE)

QUÉBEC AMÉRIQUE - ROMAN - 227 PAGES - 12.95$

Résumé:

En laissant sa copine, Daniel pensait se libérer de ses tourments et accéder à un monde sans angoisses, peuplé de jolies filles se disputant sa présence. Cette vie de rêve qu'on imagine être celle des célibataires. Il se retrouve plutôt dans un appartement sans meubles, à regarder la vie passer à travers le hublot qui lui sert de fenêtre. C'est petit, c'est moche, mais « au moins c'est sur le Plateau Mont-Royal », alors tout devrait bien aller. C'est alors que la dégringolade commence. Insomnies, remises en question, buanderies, cafés tièdes, spectacle de danse contemporaine, aucun supplice ne lui sera épargné.À 20 ans, pour Daniel, il n'y avait rien de plus cool que d'être gérant d'une boutique de disques. À 30 ans, c'est autre chose. Sans fric, sans amour, sans projet, Daniel a la désagréable impression de ne pas être adulte, assis sur son banc derrière la caisse enregistreuse à regarder dans le vide. Pour remédier à la situation, il décide d'agir de la façon qu'il connaît le mieux : courir très vite dans tous les sens, sans réfléchir.

Commentaires:

Une délicieuse ironie sur les relations singe-guenon.

Dompierre creuse ici un sujet commun à tous: les relations amoureuses.  Il y met cependant sa sauce piquante qui titillera votre langue de sa formidable saveur épicée.  Que ce soit par le ton sarcastique sur lequel est basé le roman ou par la force des personnages, chaque phrase et chaque paragraphe nous amène à vouloir lire le suivant. 

Il est surprenant de voir dans ce bouquin le ramassis de situations étrangement près de la réalité démontrant ainsi que l'auteur est fin observateur.  Chaque scène se voit agrémenté de commentaires percutants et ironiquement véritables.

Quelques conseils de survie vous garrochera en plein face une réalité qu'on met souvent de côté.  Vous aurez, à la lecture attentive du livre, des sourires niais et des appréhendements vous avouant vaincu.  L'auteur a certainement voulu dire tout haut ce que plusieurs pensent tout bas.

Donc, derrière un scénario plutôt bien amené et bien structuré se cache un livre qui se lit au rythme palpitant des phases que traverse Daniel.  Et laissez moi vous dire que ces phases fileront sous vos yeux.

 Ma note: 18.5/20

Liens:

+Québec Amérique

+Les carnets de Morlante (blogue de Stéphane Dompierre)

+Critique Côté Blogue (par Mathieu Fortin)

 L'article est également disponible sur CôtéBlogue.ca




Hell.com - Patrick Senécal

21102009

C'est en retard que je vous remet ma critique du dernier nouveau-né de Patrick Senécal.  Un succès en librairie: à cause du texte ou de l'auteur?

Voyez ce que j'en pense sur côtéblogue, juste ici, ou ici, ou (anyway les trois liens sont les mêmes)

 Un petit résumé de ce qu'en pense les amis bloggeurs:

-L'ermite de Rigaud (Richard Tremblay)

-Le Hameau des Écrits (Pierre H Charron)

Et vous? L'avez-vous aimé ce Senécal là?

 

 




La prochaine fois, ne meurs pas Clair/Obscur

24072009

Ce titre ne peut avoir plus de liens en rapport avec ce billet. Il réunit trois sujets.

Premièrement,

Je viens d’écrire et d’envoyer une micro-nouvelle intitulé La prochaine fois, je t’aurai! à Brèves Littéraires, j’attend leur accusé de réception.

Deuxièmement,

Je viens de terminer la lecture de Ne meurs pas Libellule de Linda Joy Singleton.

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RÉSUMÉ: Après avoir été expulsée de l’école et expédiée chez sa grand-mère pour y vivre, Sabine Rose est déterminée à devenir une adolescente normale. C’est pourquoi elle dissimule son don psychique à tous les gens de sa nouvelle école et prétend que les prédictions qu’elle contribue à rédiger pour le journal de l’école sont d’amusantes balivernes.

COMMENTAIRES: C’est un livre jeunesse, entendons-nous là-dessus. Je ne suis pas un fan de ces livres au vocabulaire adapté pour les jeunes et surtout, dans ce cas-ci, aux histoires à peu près inintéressantes. J’ai trouvé ce roman trop long pour le peu de choses qui se passe. Petit point positif, on s’attache quand même aux personnages. Lirai-je le prochain tome? C’est à voir!

MA NOTE: 12.5/20

Et Troisièmement,

J’ai parcouru et lu le fanzine Clair/Obscur no5 Hommage à Patrick Senécal

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J’ai bien aimé l’expérience d’une première lecture d’une revue littéraire quoique j’ai quelques points négatifs comme:

-L’assemblage est inégal et ne fait vraiment pas professionnel
-Le texte de Clotilde Landais: L’hypertextualité révélatrice d’identité zzzzzzzzzzzz….

Sinon, voici mes notes personnelles pour les fictions:

*Vente avec démonstration (Patrick Senécal) : 18/20
*Inspire-Moi! (Jonathan Reynolds): 16.5/20
*Pince-moi! Oniria (Joël Champetier): 8/20
*En attendant Senécal (Gregor Gordon): 7/20
*La mort au bout des doigts (Mathieu Fortin): 15/20

Pour le texte de G.Gordon, je suis peut-être pas assez ouvert mais je n’ai pas compris le sens. Mais vous pourriez aimer si vous aimez les textes assez étranges qui vous laissent perplexes.

Vous pouvez aussi lire les commentaires de la revue sur le blogue de L’Ermite De Rigaud.

Liens nommé dans ce billet:

+ Brèves Littéraires
+ Revue Clair/Obscur
+ Site officiel de Patrick Senécal
+ Aveugle (Jonathan Reynolds)
+ Biographie de Joël Champetier
+ La peau, le gras et les os (Mathieu Fortin)
+ L’Ermite de Rigaud (Richard Tremblay)




Chère Voisine

21072009

J’ai connu Chrystine Brouillet grâce au Collectionneur adapté au cinéma. Lors d’une soirée d’un camp de jour, il y a 2 ans, on nous avais proposé ce film. J’avais adoré mais je n’osais pas lire le livre (je savais déjà l’intrigue!). Deux ans plus tard, je m’abandonne à Silence de mort. Au premier coup d’oeil, génial. Au premier mots, pas convaincu. Mais en avançant dans l’histoire, je me rend compte que les pages défilent assez rapidement sous mon pouce mouillé (ce n’est pas vrai, je ne mouille pas mon pouce). Alors voilà, suite à cette expérience, je me dit: Pourquoi pas un autre? Et je tombe sur Chère Voisine, une réédition du premier roman de l’auteure chez Archambeault, au prix très économique. Excellent! J’ai franchement adoré, même si j’ai remarqué la différence entre le PREMIER roman de Chrystine et L’AVANT-DERNIER (Silence de mort). Donc, suite à cette lecture forte intéressante, j’irai probablement me procurer son petit nouveau: Promesse d’Éternité. J’ai vraiment découvert une auteure qui me plaît et avec des lectures de Jacques Côté également, je commence à croire que j’aime le genre policier. Finalement, si j’ai une note à donner à Chère Voisine, ce serait un 18.5/20 pour son originalité et pour la profondeur des personnages, une force que l’auteure possède. Bravo!



Le chemin des brumes

8122008

LE CHEMIN DES BRUMES

Auteur: Jacques Côté

Maison d'édition: Alire

368 pages, 14,95$

Résumé: Juillet 1981…
Pendant que Daniel Duval et son collègue Louis Harel participent aux Jeux mondiaux des policiers à Mexico, Gilles Hébert part en vacances avec ses petits-fils Sébastien, six ans, et Vincent, treize ans. Le vieil homme étrenne sa roulotte et il a la ferme intention de trouver un site enchanteur en pleine nature sauvage. Si les Jeux se terminent bien pour les deux policiers, il n'en va pas de même pour le voyage des campeurs…
De retour au boulot le lundi matin, Duval et son équipe sont affectés à la disparition de la famille Hébert. Duval déteste ces cas - il sait bien que, une fois les vingt-quatre premières heures passées, chaque minute perdue représente un espoir de moins de retrouver des survivants. Or, tout ce qu'il a pour entamer les recherches, c'est une photo de la roulotte… et pas la moindre idée de la destination de Gilles Hébert !
Alors que les enquêteurs tentent par tous les moyens de localiser la roulotte et que la mère se ronge les sangs, le jeune Vincent, lui, vit un cauchemar : perdu au coeur du parc des Laurentides, il doit fuir un désaxé qui le traque comme une bête…

Mise en pages: J'aime beaucoup la mise en page des éditions Alire.  Les caractères sont de bonne grosseur, le livre est format poche, le titre et l'auteur sont toujours écrit en haut de pages… La couverture est intéressante et elle nous rejoint.  Bonne mise en page.

5/5

 Histoire: Quand j'ai vu le résumé du livre pour la première fois, faut que je n'était pas tenté du tout.  Bon, je croyais que ce serait une histoire ennuyante tournant autour d'un flic qui cherche un gamin et blablabla.  Mais au salon du livre du Saguenay, l'auteur était présent et on m'a renseigné à lui puisque, disait-on, il était fantastique.  J'ai suivi les conseils et voilà que je tombe sur une histoire palpitante à la ALIRE.  Je ne pensais pas aimé autant ce genre.  Pourtant, j'ai dévoré toutes les péripities pour me rendre vers la fin que je trouve excellente puisque le méchant perd.  J'ai été agréablement surpris de voir qu'il peut arrriver plus de choses qu'on le croit quand un jeune est perdu en forêt.  J'enlève cependant .1 puisque le livre ne m'a pas accroché au départ.

4.9/5

Décors: Un décor fantastique, une ambiance formidable…quoi de mieux que la tranquilité du Saguenay-Lac-St-Jean et du Parc des Laurentides.  Faut dire que la principale raison d'achat de ce roman, c'est le fait qu'il l'a écrit dans sur mon coin de pays.  Je croyais qu'il allait plus développer mais il a mis l'emphase sur l'histoire ce qui est un peu dommage puisqu'il y a tant a dire davantage que le «champagne rouge d'Elzéar Plourde du Lac-St-Jean» comme on dit dans le livre.  Le décor est donc en gros une forêt, un chantier, rien d'assez caractéristique à la région sinon les noms de places et Val-Jalbert.

4.2/5

Style: Pour ceux qui se demande ce qu'est le style, c'est la façon que l'auteur écrit, qu'il place ses mots, son vocabulaire.  En tout cas…c'est ça pour moi!  Dans le cas de Jacques Côté, c'est un style plutôt intéressant.  On suit bien, on ne se perd pas dans un gâchis de mots, c'est développé et bien écrit.  Un style ou tout le monde peut suivre, peut s'accrocher et absorber.  Rien de mal à dire le concernant.

5/5

 

NOTE FINAL: 18.3/20

91.5%