La Légende d’Arthur Villeneuve – Théâtre CRI

14072011

La Légende d'Arthur Villeneuve - Théâtre CRI dans Critiques - Théâtre 11611_arthur_villeneuve_legende

La Légende d’Arthur Villeneuve
un texte de Martin Giguère
Théâtre CRI en collaboration avec La Pulperie

La région du Saguenay-Lac-St-Jean bat son plein en ce qui a trait à l’offre théâtrale. Il faut dire que la programmation des théâtres d’été et spectacles à grand déploiement est alléchante. On y retrouve des pièces qui, au premier coup d’oeil, semblent d’une qualité à en faire dilater la rate.

C’est ce qui est arrivé avec cette pièce de Giguère, sous une mise en scène de Guylaine Rivard, qui offre une folie qu’on ne saurait éviter. Dès les premières minutes du spectacle, on s’embarque dans un univers disjoncté, en lien assurément avec la folie même qui habitait le peintre barbier.

Même si j’ai compris dans quel monde je chavirais en écoutant cette légende, je n’ai pas réussi à m’abandonner complètement comme spectateur. C’est très personnel, car je crois avoir passé tout de même une bonne soirée, mais plusieurs éléments m’ont fait décrocher.

D’abord, dès les premières minutes, j’ai senti un ennui mortel pour un prologue qui, malgré qu’il soit un tantinet amusant et peut-être un peu utile, étire la sauce et créée une longueur tout de suite en partant. On se rattrape vite grâce à la mise en scène, elle a un rythme, elle est ingénieuse, et elle apporte une couleur qui ravit. Malheureusement, je ne pense avoir aimé en général le rythme de la pièce, que je trouvais plutôt saccadé, parfois lent, parfois trop empressé d’éclabousser le spectateurs de drôleries enfantines.

Ce que la pièce m’a fait découvrir, c’est Benoît Lagrandeur. Les critiques l’acclament, et bien je l’acclame aussi, parce que son jeu était parfait. Assurément, il devient celui que j’aime le plus voir jouer au Saguenay. Je ne sais pas si c’est parce qu’il vient d’une école différente, mais on ressent son expérience et c’est ressenti dans son naturel. Il tiens son personnage du bout des doigts et le contrôle. Je mentionne aussi les prestations appréciables et qui valent le détour de Mélanie Potvin, Hélène Bergeron et Patrice Leblanc. La crème de la crème.

Malgré un billet qui va dans toutes les directions, je peux aisément résumer ma pensée quant à cette pièce illustrant le peintre Villeneuve: un rythme lent, des comédiens qui valent le détour, une mise en scène plutôt étonnante avec ses projections et son ingéniosité, mais des éléments qui détonnent comme des répliques moins naturelles, des jeux qui ne retiennent pas l’attention et une folie qui n’a pas assez été exploitée.

Encore une fois, ce n’est que mon opinion et je vous invite à faire la vôtre en allant faire un tour à La Pulperie cet été.

La Légende d’Arthur Villeneuve est présentée tous les mardis et mercredis soirs du 5 juillet au 24 août dans l’édifice 1912 de La Pulperie de Chicoutimi. Une mise en scène de Guylaine Rivard avec Martin Giguère, Benoît Lagrandeur, Hélène Bergeron, Émilie Gilbert-Gagnon, Maryline Renaud et Patrice Leblanc.

Pour informations: http://www.theatrecri.ca/arthur.htm




Tit-Coq – Gratien Gélinas

29042011

Tit-Coq - Gratien Gélinas dans Critiques - Théâtre 33-Tit-Coq-de-Gratien-Gelinas

TIT-COQ

(GRATIEN GÉLINAS)

THÉÂTRE – TYPO – 14.95$

Voici une pièce Coup de Coeur !

Je le sais, c’est un classique. Mais je ne l’avais pas encore lu et d’ailleurs, je m’en claque les doigts: «Méchant Keven, Méchant!» Je manquais quelque chose. Le premier texte de théâtre entièrement Canadien-Français, ne manque pas d’ardeur, il est touchant, drôle, bien écrit et représente fièrement son contexte socio-culturel. Je suis tombé amoureux de ce soldat égocentrique qui veut tant bien faire, qui a tant besoin d’amour. Quel personnage les amis, quel personnage!

Bon suffit l’admiration, il faut que j’explique mon point de vue…

Allons-y d’abord avec un bref résumé. Tit-Coq est un soldat orphelin d’une vingtaine d’années qui n’a jamais connu les bonheurs d’une famille. D’ailleurs, chaque Noël, il fête seul. C’est pourquoi il ne s’offusque pas quand son commandant le confine à rester à l’ouvrage durant le temps des fêtes. Mais pour le Padre, qui est dans la pièce durant l’énoncé de la sentence, il n’est pas question que Tit-Coq soit punit. Il l’envoie donc dans une famille, celui du meilleur ami du soldat. C’est là que le militaire voit pour la première fois les bonheurs familiaux et il en tombe amoureux, ainsi qu’avec Marie-Ange, la magnifique soeur de Jean-Paul, son ami de guerre.

La scène finale vaut le détour. Je me suis surpris à dire haut et fort les répliques de Tit-Coq et de Marie-Ange. C’est touchant et vibrant de vérité. L’auteur a la parfaite maîtrise de sa pièce et il écrit en toute lucidité, en toute réalité. On sent l’amour perdu, on sent la triste fatalité, on s’émouvoie devant un discours poignant.

Le rythme est également parfait. On bascule d’une scène à l’autre avec harmonie. C’est plus que facile à comprendre, car on y croit toujours. On se met dans la peau des personnages. En ce sens, c’est réussit.

Époustouflé et admiratif, je n’arrive pas à trouver de défauts. Il faut dire que pour cette pièce-ci. J’ai perdu toute objectivité, car je tiens à dire ceci: JE T’AIME GRATIEN! JE T’AIME TIT-COQ!

Ce que la lecture nous fait faire parfois…




Bruno Coppens, ma déclaration d’humour

15032011

Bruno Coppens, ma déclaration d'humour dans Critiques - Théâtre 3120

BRUNO COPPENS

Ma déclaration d’humour

 

Voici un humoriste belge que j’ai dû aller voir dans le cadre de mon cours «Critique Théâtrale». Juste en voyant des vidéos sur Youtube, j’avais hâte de me procurer des billets et d’être enfin assis dans un siège de la salle François-Brassard pour voir arriver ce drôle de personnage poétique. J’avais donc, vous le comprendrez, beaucoup d’attentes.

J’aime les slameurs, les poètes, les calembouriens, les gens qui jouent avec les mots. Et si en plus ils ont du charisme (car croyez-le ou non, ce n’est pas tout les poètes qui sont des orateurs, certains sont endormants comme un Pierrot), alors là je suis aux anges. Avec Bruno Coppens, j’ai été entouré de ces êtres aux corps nus avec des tites ailes blanches. Ce fut agréable.

D’abord, ce qui m’a fait comprendre que j’aurais une belle soirée devant moi, ce fut l’insertion par l’humoriste d’une blague concernant ma région. Il a fait un jeu de mot avec Jean Tremblay et la prière au conseil de ville. Ce gars ne vient pas d’ici et il s’informe sur ce qui concerne ses spectateurs! Alors là, bravo. Ça valait la chandelle, sans jeu de mots (les gens qui ont vu le one man show comprendront la blague).

Certaines longueurs, surtout pour de longs monologues qu’on peine à saisir, mais de là est la beauté du monde de l’artiste. Un univers déjanté où planent avec allégresse la langue française dans toute sa splendeur. Pas besoin d’un québécois pour nous faire vivre notre quotidien, tant qu’il soit francophone.

Je vous conseil assurément d’assister à une représentation, vous serez ébloui par ce que vous utiliser chaque jour pour parler!

En primeur, voici mon commentaire Facebook, où je tentais d’imiter le style de l’humoriste: «Bruno Coppens, c’est bruniversellement copieux comme pestacle. On rigolfe comme si on avait trop fumé de mini-put!»

Image de prévisualisation YouTube




Les Sens – Théâtre La Rubrique

3022011

Les Sens - Théâtre La Rubrique dans Critiques - Théâtre

Le Théâtre La Rubrique présente

Les Sens

La production estivale du Théâtre La Rubrique à Jonquière ne laisse pas indifférent. Cette année, c’est une écriture à six mains que l’on propose sur la scène de la salle Pierrette-Gaudreault. Réunis sous le thème des sens, les textes de Michel-Marc Bouchard, Sylvie Bouchard, Daniel Danis, Jean-Rock Gaudreault, Larry Tremblay et Pierre-Michel Tremblay sont à l’honneur. Notons ici que ce sont tous des dramaturges régionaux (et qu’on a du talent au Saguenay!)

Chaque auteur à donc eu le défi d’écrire une courte pièce sur un des sens en incluant le sixième. Tant de diversités amène un aspect plutôt intéressant à la production, où le spectateur découvre l’univers particulier de chacun des écrivains. Nous assistons carrément à six pièces différentes et les comédiens savent varier le jeu pour nous le faire sentir. J’ai aimé être tantôt touché, tantôt amusé. L’amalgame de sentiments divers crée une harmonie, quoique certaines scènes soient un peu inégales.

Malgré cela, rien n’empêche que vous passerez une bonne soirée. Les gags sur le kiwi, ce fruit nouveau de Nouvelle-ZZZZélande, vous fera bidonner et dilatera votre rate. Vous en sortirez grandi, peut-être pas mentalement, mais du moins vos coins de lèvres toucheront probablement vos oreilles. La mise en scène entraînante déchaîne un flot d’adrénaline et on a le goût de passer à la scène suivante: «Le goût CHECK!, NEXT! Le toucher… que se passera-t-il? Qu’attend-il ce personnage?…» Bref, l’ambiance est digne d’une spectacle de grande qualité.

Parlant du toucher, je vais me remémorer longtemps de la piécette (ça se dit tu?) de Jean-Rock Gaudreault. On assiste à un combat philosophique sur la vie et sur les sentiments humains. Benoît Lagrandeur m’a époustouflé.  Son jeu impeccable m’a carrément fait oublier le comédien et j’avais un réel abandon. La violence et la douceur, ultimes contrastes, étaient au rendez-vous. Chapeau! Melon et haut de forme, tout ce que vous voulez!

Cet abandon n’a pas duré toute la production. J’ai senti une légère surabonce de détails visuels à la fin fin fin. En gros, j’aurais aimé m’imaginer un certain policier embarquer la vieille, pas le voir sur scène. Parce que sincèrement, je ne croyais pas à ce sixième sens, jusqu’à ce que la chute me renverse. J’ai aimé l’idée, l’atmosphère, et ce revirement de situation. La production aurait pu finir quand la vieille meure, selon moi.

Néanmoins, il reste que j’ai adoré ma soirée. Il y a peut-être ce jeu plaqué et énervant dans le texte sur la vue qui m’a choqué, mais après mûres réflexions, j’ai compris l’idée derrière tout ça. Une exagération de joie vivre, contrastant avec ce personnage marqué joué par Patrice Leblanc.

Je noterais aussi que les images vidéos de Boran Richard sont vraiment agréables à regarder.

À voir.

Absolument.

Les Sens du Théâtre La Rubrique est présenté du 26 janvier au 12 février à la Salle Pierrette-Gaudreault du Mont-Jacob. Une mise en scène de Benoît Lagrandeur assisté par Christian Ouellet avec Émilie Gilbert-Gagnon, Benoît Lagrandeur, Patrice Leblanc, Sara Moisan, Guillaume Ouellet et Guylaine Rivard.

 




Une musique inquiétante – Théâtre du Rideau Vert

29012011

Une musique inquiétante - Théâtre du Rideau Vert dans Critiques - Théâtre Tour_Musique 

Le Théâtre du Rideau Vert présente

Une Musique Inquiétante

La Salle François-Brassard du Cegep de Jonquière recevait le 25 janvier dernier le Rideau Vert avec la pièce Une Musique Inquiétante. Le texte original de Jon Marans, traduit par Maryse Warda, m’a charmé et touché.

C’est dans une salle réduite et pas tout à fait pleine que s’est produit sur scène les interprètes Jean Marchand et Émile Proulx-Cloutier. Dans un décor fabuleux, les notes de piano se sont mises à jouer. Lorsque le personnage de Mashkan s’est tapé sur les doigts, le spectacle était lancé. On rencontre des personnages forts, parfaitement joués et qui, à mon avis, savent faire rire et émouvoir.

D’ailleurs, voilà un thème présent tout au long du une-heure-cinquante-avec-entracte. Le mélange de joie et de tristesse, que la mise en scène de Martin Faucher sait très bien traduire, perce l’âme et nous renvoie à notre propre conscience. Les sourires en coin laissent parfois la place à une profonde réflexion, baignant le tout dans une culture différente, mais qui se rapprochent tellement de nos préoccupations. Âmes égratignées, les larmes viendront assurément.

On nous laisse aucun temps mort. Les silences sont lourds et on s’y plait. L’ambiance terne est d’une profondeur que seuls les plus bourrus ne sauront apprécier.

Ce qui m’a ébahi, c’est ce jeu teinté de musique. Non seulement cet art fait parti intégrante du spectacle, mais on peut y entendre les comédiens glisser leur doigt sur ce piano, acteur à part entière puisqu’il est porteur d’émotions. Cette amalgame de sons et de mots est ce qui m’a le plus plu. On joue tout en jouant. Impressionnant et formidable.

Je ne saurais passer sous silence le propos de la pièce. Deux histoires particulières, en lien avec des personnages touchants, ne peut que se rendre droit au coeur. On a là selon moi un excellent choix artistique. C’est un scénario gagnant d’avance qui nous attend avec le texte de Marans.

Bref, l’expérience a été fructueuse et l’oubli de cette pièce ne se fera pas de sitôt dans mon âme sensible. Une musique à répéter, à entendre à nouveau, encore et encore.

Une musique inquiétante du Théâtre du Rideau Vert est en tournée partout au Québec jusqu’au 27 février. Quêtez-vous une place dans votre ville. Infos: http://www.rideauvert.qc.ca/




Le Malentendu – Albert Camus

14012011

Le Malentendu - Albert Camus dans Critiques - Théâtre 9782070388721

LE MALENTENDU

(ALBERT CAMUS)

THÉÂTRE – FOLIO THÉÂTRE – 7.95$

Une mère et sa fille complotent des crimes à l’hôtêl où ils sont propriétaires. Dans le village, un nouvel arrivant viendra bouleverser leur existence. Il n’est pas venu pour rien, il le sait trop bien et il devra agir. Mais elles, comment réagiront-elles devant le fait accompli?

Il s’agit d’une pièce que j’ai dû lire la dernière session pour mon cours de Littérature et Imaginaire au Cegep. Le concept de base de la pièce de Camus ressemble à plusieurs autres et on sent ici l’influence qu’il a eu sur les semblants de quiproquos qui ont suivi sa littérature. Peut-être, en fait probablement, se basait-il sur des situations déjà réportoriées ou écrites, mais tout de même, on sent le cliché venir de loin. Je n’accuse pas Camus puisqu’il est peut-être le précurseur à l’époque, le manque d’information m’y oblige.

Par-dessus tout, on sent l’électricité de l’ambiance partout à travers les lignes et les dialogues. Il y a une certaine lourdeur favorable au suspense et qui met en valeur les personnages forts et prédominants. Les mots employés par chacun amènent une personnalité solide et une atmosphère de meurtre. Plus on relit, plus on savoure.

La pièce est tout de même facile à comprendre pour n’importe qui. Il y a là une belle idée directrice qui semble tordue au fil de fer, mais qui s’enchaîne parfaitement et agréablement. J’aime l’écriture de Camus, je le trouve porteur d’un certain charme, d’un certain sens. Il ne bouscule rien, mais laisse aller l’imaginaire du lecteur vers des contrées lointaines où se trame quelques complots.

Bref, il s’agit ici d’une bonne pièce de théâtre que je vous invite à lire. 




Soudain l’été dernier – Théâtre Les Têtes Heureuses

2112010

Soudain l'été dernier - Théâtre Les Têtes Heureuses dans Critiques - Théâtre 68823_10150285987580332_302021945331_14998325_646107_n

LES TÊTES HEUREUSES présentent

SOUDAIN

L’ÉTÉ DERNIER

Suite à la «controverse» qu’il y a eu à propos de ce commentaire que j’ai fait sur Facebook le soir de la réprésentation où j’était présent, et qui dit, je cite : « Une légume me vient à l’esprit après l’écoute douleureuse des Têtes Malheuseuses: un navet !!!» , je souhaite rectifier le tir.

Premièrement, je voudrais rappeler à tout ceux qui lisent mes critiques qui je suis, c’est-à-dire personne. Après cela, je suis quelqu’un qui carbure au théâtre, qui aime jouer et qui s’implique dans divers projets amateurs. Je suis un étudiant qui fait des critiques, pour le plaisir dans faire et je ne me prend nullement au sérieux. En fait, si on me voit comme ça, j’en suis réellement désolé. Car comme humain, j’ai mes défauts et mes qualités. Je suis ironique, je l’admet. Je suis souvent franc et direct. Je suis comme ça, point.

En ce qui concerne la pièce Soudain l’été dernier des Têtes Heureuses, il est vrai que je n’ai pas apprécié et j’aimerais dire ceci à tout ceux qui pourrait prendre personnel ma critique: dites-vous que je vous aimes comme comédien, que j’admire le courage que vous avez d’offrir à la région saguénéenne des pièces qui frôlent le professionalisme, qui sont dignes d’intérêt, et la majorité du temps, de grande qualité. Les Clowns Noirs, par exemple, sont le symbole du talent au Saguenay. Dario Larouche, que j’ai clamé comme génie de la mise en scène, fier membre du Théâtre des 100 masques, oeuvre pour la région! Charles et Berthin, du Théâtre La Rubrique, a été une pièce qui m’a touché, malgré qu’en classe nous l’avions démoli. Je considère donc le théâtre saguenéen comme un théâtre riche, sans équivoque, tout simplement. Tout ce paragraphe pour dire que je n’attaque qu’une oeuvre, qu’un pièce, qu’un produit. À ne pas prendre personnel.

La mise en scène m’est apparue fade, monotone, emmerdante même. Les comédiens qui se sont mis de dos, convention qui a été abolie pour la pièce, avait un sens que je ne comprenais pas. Pourquoi me cacher une comédienne qui dicte un message bourré d’émotions? N’y a-t-il pas autre moyen d’illustrer un manque de communication? Est-ce que je pourrais voir la performance? Les personnages qui fument constamment m’apparaissaient inutiles, sinon déstabilisants. L’accessoire, je l’aime bien, mais à répétition, il m’a semblé tellement anodin. Il y avait aussi ces comédiens qui stagnaient en arrière de la scène, admirant ce qui se jouait. Il y a là quelque chose d’intéressant, mais j’ai un malaise à les voir arriver longtemps, à les attendre, à les remarquer, à les voir comme figurant. J’étais déconcentré, peut-être n’ai-je pas le talent pour le faire, mais peu importe. Toujours au niveau de la mise en scène, il y a des points que j’ai bien aimés. Les personnages qui ne se regardent pas lorsqu’ils ont quelque chose d’importants à dire. Ces effets de chute à la fin de certaines scènes étaient bien pensés. Mais bon, j’ai senti le temps se presser contre moi, se perdre et s’envoler, parce que la pièce ne m’a pas accrochée.

Bien que le texte soit du Tenessee Williams, un auteur qui écrit des mots tellement remplis de sentiments, qui a le pouvoir de faire réfléchir, de faire transmettre des émotions, il est apparu que le jeu des comédiens m’a déçu. La perfomance était inégale. Parfois on embarquait, parfois on décrochait. Les longs monologues s’avéraient lourds, difficile à suivre, par le texte oui, mais aussi par l’acteur(trice) qui, j’avais l’impression, jouait toujours de la même façon sans faire ressentir la profondeur des mots. Ce pouvait être un accent, une manière de parler, qui me titillait constamment. J’ai croisé les bras et j’ai grimaçé, je l’avoue. Les émotions me paraîssaient fausses, me semblaient plaqués. Les pleurs n’étaient pas convaincants, un peu comme l’ensemble des jeux d’acteurs. Il y avait aussi des problèmes au niveau de la distribution, la mère de Cathie paraîssant un peu jeune pour que l’on croit à son âge dans la pièce. Mention tout de même à Maude Cournoyer, qui lors de certaines scènes dramatiques, laissait surgir à l’ensemble une pointe d’espoir.

Bref, c’est une pièce que je ne conseille pas. Mais le meilleur est de vous en faire une idée par vous-même et d’encourager le théâtre local en prenant connaisance des meilleures (et même des pires) productions.

Pour ce qui est de la critique, j’espère que vous avez l’esprit ouvert, je ne peux plus me plier pour expliquer mon désarroi. Je prie à tout le monde de m’excuser pour le commentaire sans fondements sur le réseau sociaux et demande de prendre cet article comme une simple opinion. J’aime la région, j’aime le théâtre. Tout ça me fait penser à un directeur artistique régional qui m’a déjà dit: «Je crois en mon projet, c’est ça l’important!». 

J’aimerais voir une autre pièce des Têtes Heureuses? Assurément!

75357_10150304462440332_302021945331_15335955_6846850_n dans Critiques - Théâtre

du 21 octobre au 7 novembre 2010
au Petit Théâtre du Pavillon des Arts de l’UQAC
du jeudi au samedi à 20h et le dimanche à 14h.
Avec : Lucille Perron, Martin Giguère, Maude Cournoyer, Dominique Breton, Éric Renald et Dave Girard




Abraham Lincoln va au théâtre – Théâtre PàP

31102010

Abraham Lincoln va au théâtre - Théâtre PàP dans Critiques - Théâtre 193x193_65527_event_Abraham_Lincoln_va_au_theatre

LE THÉÂTRE PàP présente

ABRAHAM LINCOLN

VA AU THÉÂTRE

 

Une boîte de pandore. Du théâtre dans du théâtre, à l’intérieur d’un théâtre qui lui-même, est un théâtre. On joue l’acteur qui a joué l’acteur qui a joué une pièce, on met en abyme, constamment. Bien que la technique ne soit pas nouvelle, elle est bien amenée, bien mise en scène.

Le jeu des acteurs est professionnel, et par là, je veux dire remarquable. Benoît Gouin offre une perfomance renversante, tout comme Patrice Dubois qui incarne un Hardy parfaitement convaincant. Il y a Maxime Gaudette, ce jeune acteur qui a notamment joué le personnage principal dans le film Polytechnique, qui m’a plus ou moins fait vibrer. Il reste que le trio faisait une équipe à couper le souffle.

Il y a des longueurs au niveau d’un texte qui n’apporte aucun propos, aucune réflexion. Il s’agit ici d’un exercice, selon moi, plutôt que d’une pièce à l’intention réfléchie. On part du fait qu’Abraham Lincoln a été assassiné par un acteur dans un théâtre et on développe. La thématique est bien exploitée, mais le fond est plat. Il n’y a que ces éternels mises en abyme qui viennent mêler le spectacteur d’une bonne manière. Quelques lignes font sourire, d’autres nous font marrer, il y a là une qualité. Et que dire de la finale, que je considère comme une des meilleurs que j’aie vu, surtout pour la surprise qu’elle occasionne.

Bref, Abraham Lincoln va au théâtre est une pièce à aller voir, pour le génie de l’exercice, pour la mise en scène, pour les quelques lignes remarquables, pour les acteurs et pour la finale éblouissante. Attendez-vous à rien et vous passerez du bon temps. Si vous êtes de ceux pour qui le théâtre doit vous faire réfléchir, passez votre tour.

Une production du Théâtre PàP (Montréal)

Texte de Larry Tremblay – Mise en scène de Claude Poissant
Avec Patrice Dubois,
 Maxim Gaudette, Benoît Gouin, Étienne Cousineau, Guillaume Cyr et Sasha Samar

 Image de prévisualisation YouTube




L’Assemblée des Femmes – Théâtre des 100 masques

3082010

LE THÉÂTRE DES 100 MASQUES présente

assemblefemmes23print.jpg

L’Assemblée des Femmes, d’Aristophane

Il fallait du culot pour proposer en théâtre d’été un texte datant de 300 ans avant Jésus-Christ. Il fallait du talent aussi pour rendre la pièce intéressante, malgré qu’elle soit du répertoire de la Grèce Antique. Et bien, après que j’ai absorbé le spectacle, le verdict était tombé. Voici là l’une des meilleures pièces que j’aie vues!

L’histoire est simple comme bonjour. Une armée de femmes décide de s’emparer du pouvoir de la cité. Pour y arriver, elles priveront leur mari de ce qu’ils ont le plus de besoin: le plaisir charnel d’un corps féminin. Ainsi, à travers une folle entreprise, elles voleront les habits de leur mari, prendront leur apparence et iront voter des décisions en leur faveur.

La mise en scène de Dario Larouche est impeccable. Tellement que mes mains s’en ressentent encore tellement j’ai applaudi et acclamé en fin de représentation. Pour être le premier à me lever et faire une ovation (ce qui est très rare dans mon cas puisque je ne me lève pas par tradition, mais seulement lorsque j’apprécie réellement), il fallait que le spectacle soit d’une qualité impeccable.

Rapidement, les éléments suivants m’ont frappés: tout d’abord, c’est l’harmonie, l’ensemble décapant qui donne une couleur affreusement délicieuse. Ensuite, ce fut le contraire, cette couleur particulière à chaque personnage, qui lorsqu’on remarque bien, amène à l’harmonie un arc-en-ciel parfait! Et pour cet ensemble merveilleux, on ne peut que parler du jeu des actrices qui était à son comble, c’est-à-dire sans faille. Aussi, ces innovations de mise en scènes ici et là, notamment les longs pénis en peluche démontrant leur dominance sur l’homme et l’apparition sonore de quelques hits d’aujourd’hui.

Sérieusement, malgré que le texte soit linéaire, ce qui épate ici demeure la mise en scène, qui à mon humble avis, vaut vraiment le détour. C’est éclaté, c’est époustouflant, c’est nouveau et rafraichissant.

Le Théâtre des 100 masques, théâtre régional au Saguenay, a malheureusement terminé ses représentations de la production estivale L’Assemblée des Femmes. On félicite ici le chef d’oeuvre et encourage la population à retourner voir une production de cette organisation.

Texte: Aristophane
Mise en scène: Dario Larouche
Comédiennes: Erika BRISSON, Émilie G.-GAGNON, Marie-Ève GRAVEL, Marie-Noëlle LAPOINTE,
Mélanie POTVIN, Marilyne RENAUD, Valérie TREMBLAY

Dans la même veine de critiques. À venir cet été:

+Québec Issime, De Céline Dion à La Bolduc (2010)
+Une maison face au nord, Théâtre La Rubrique
+Le Conte Bancaire de Piedestal, Théâtre du Faux-Coffre




La Face Cachée de la Lune – Robert Lepage

17052010

La Face Cachée de la Lune - Robert Lepage dans Critiques - Théâtre livrefacecachee

LA FACE CACHÉE DE LA LUNE

(ROBERT LEPAGE)

THÉÂTRE – L’INSTANT SCÈNE – 83 PAGES – 16.00$

La face cachée de la lune raconte en parallèle la relation tendue de deux frères à la suite du décès de leur mère et la course folle à la conquête de l’espace entre Américains et Soviétiques. Philippe, éternel candidat au doctorat, obligé de faire de la réclame téléphonique pour arrondir ses fins de mois, se passionne pour l’espace et souhaite que sa thèse, portant sur le grand physicien Tsiolkovski, soit publiée. Jaloux du succès de son cadet, présentateur vedette de la météo, il est à couteaux tirés avec lui quand vient le temps de liquider les biens de sa mère. En parallèle, il prépare une bande vidéo destinée à un éventuel auditoire extraterrestre en filmant son modeste logement et en en présentant la banalité comme témoignage de la vie sur terre. 

Vous connaissez seulement le moulin à images de Lepage? Ou savez du moins qu’il fait la mise en scène du nouveau spectacle du Cirque du Soleil: Totem ? Et bien sachez que Lepage n’a pas fait que ça et qu’il a écrit, réalisé et joué La Face Cachée de la Lune, une pièce importante dans le théâtre contemporain.  Une pièce qui revêt un nouvel aspect à l’écrit et je m’explique. 

Le concept de Lepage est que la mise en scène passe parfois avant le texte.  Il semble avoir une vision globale de ce qu’il veut présenter, puis les images se précisent et finalement, quand il a le temps, il écrit les dialogues.  Hors, tout porte à croire que c’est donc là l’aspect le plus pauvre de l’oeuvre.  Au contraire, ces dialogues sont conscis, foutrement bien écrits et crédibles.  Ils revêtent des sens particuliers et nous foisonnent des questions dans l’esprit.  Les entre-deux informatifs qui nous mettent en contexte sont intéressants. 

En livre, c’est bien.  J’aurais vraiment aimé voir ça en direct, quoiqu’il y encore une solution: le film! Et oui, Robert Lepage a joué dans le film de sa propre oeuvre et l’ayant écouté, moi je dis qu’il s’agit d’un très bon film québécois qui mérite qu’on lui accorde de l’attention.  Seulement l’effet de la fin qui fait un peu «fake», mais bon.

Donc, pour terminer, un livre qui possède les dialogues très bons de Robert Lepage, mais qui jouent quand même un rôle second dans son oeuvre.  Et je le trouve un peu trop dispendieux pour le peu qu’il nous offre; je l’ai lu en moins d’une heure.

Ma note: 8/10







decobonheur |
diskacc |
la porte ouverte |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | IONIS LIGNA
| papillon de nuit
| SUELY BLOT PEINTRE BRESILIENNE