Un automne écarlate – François Lévesque

15092011

Un automne écarlate - François Lévesque dans Critiques - Roman

UN AUTOMNE ÉCARLATE

(FRANÇOIS LÉVESQUE)

ROMAN – ALIRE – 369 pages - 14,95$

Il s’appelle Francis, il a huit ans ­ bientôt neuf ­ et, en compagnie de sa mère, il habite la petite municipalité de Saint-Clovis (trois mille neuf cents âmes et des poussières) où, de l’avis de tous, la vie n’est pas désagréable, même s’il ne s’y passe jamais rien d’extraordinaire.Pourtant, depuis le départ du père de Francis, sa mère fume beaucoup, prend des cachets et dort énormément ; alors le jeune garçon se réfugie au sous-sol pour regarder en boucle ses films d’horreur, pour lesquels il éprouve une véritable fascination. Francis tente ainsi d’oublier sa triste réalité, car cette année, à l’école, il est tout à coup devenu le souffre-douleur de la terrible Sophie, et… et pourquoi donc son père n’appelle-t-il jamais s’il a dû quitter la maison « en raison de son travail », comme sa mère le lui a expliqué ? Mais alors que l’automne colore le paysage de Saint-Clovis, la sérénité de ses habitants est mise à mal par la mort violente d’un enfant, puis par celle d’un deuxième. Pour Francis, il ne fait aucun doute que les monstres qui peuplent ses films d’épouvante ont décidé d’envahir la réalité…

Roman coup de poing, qui touche droit au coeur quand on a vécu des situations semblables. Lévesque fait vivre tellement en profondeur les déboires de son jeune protagoniste qu’on ne peut qu’être ému et en même temps terrifié. Il s’agit ici d’un parfait roman noir, où les parcelles d’optimiste nous retombent en mésaventures qui donnent froid dans le dos. On voudrait dont que le jeune Francis puisse vivre heureux et serein, mais malheureusement, il n’y retrouvera qu’une vie moche, empreint de mensonges et d’horreurs humaines.

C’est là que l’auteur marque des points, à mon humble avis. Il est d’une précision incroyable, autant dans le choix des mots et dans l’élaboration du scénario. On dirait presque que Lévesque raconte naturellement ce qu’il a vécu. L’intimidation et la folie sont des thèmes qui reviennent, les films d’horreur et le genre en particulier n’étant qu’un prétexte, un ajout fort intéressant. Pour quelqu’un comme moi qui n’en est pas familier, on s’y fond, sans nécessairement s’y plonger.

Dans tout ça, c’est une lecture percutante, longue par endroit, surtout dans les segments onirique. Les rêves, ça me fait pas rêver. J’ai toujours trouver la description de cauchemars ennuyeuse à souhait et plutôt inutile. Il faut dire que l’écriture est ici fluide et agréable, elle rend donc la lecture de ces descriptions moins emmerdantes. Par contre, dans certains cas, j’aurais pu m’en passer. Je comprend l’intention derrière, mais n’y trouve pas de plaisirs.

En bout de ligne, il reste que ce livre figure parmi ceux qui m’auront marqué, et je ne cache pas que c’est totalement subjectif, parce qu’il a rejoint en moi un passé pas si lointain et des émotions déjà ressentis. De plus, on retrouve le côté plutôt impeccable qu’on connaît des éditions Alire. À essayer, quelques pages, pour ensuite tourner et continuer sa lecture.




Les enfants Dracula (1) Les enfants de la nuit – Yanik Comeau

22082011

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LES ENFANTS DRACULA (1)

Les enfants de la nuit

(YANIK COMEAU)

ROMAN – LER – 15.95$

Alors qu’ils vivent leurs vies d’adolescents normaux, trois jeunes – adoptés dans trois pays différents par des parents bons et généreux – apprennent qu’ils sont les descendants directs du plus notoire des vampires de l’histoire, le comte Vladislaw Dracula de Transylvanie. Milos Menzel, Elizabeth Gurney et Sarah Duvall héritent d’une fortune en or et en propriétés évaluée à plus de 100 millions d’Euros. Pour réclamer leur héritage, ils doivent se rendre au château de leur père dans les Carpates où les attend le notaire Jonathan D. Harker VI pour la distribution des biens. Attirés par l’appât du gain et la quête de leur identité, et entraînés un peu malgré eux en Transylvanie profonde, les trois jeunes gens se présentent au célèbre château du paternel, où des surprises troublantes les attendent. Dracula père avait eu des idées sombres en rédigeant son testament, et outre sa fortune, il entend léguer des intentions douteuses à ses trois enfants. Se laisseront-ils tenter par le mal qui vit en eux ? Auront-ils même le choix de se plier ou non aux volontés de leur géniteur ?

J’hésite sérieusement à catégoriser le roman de Comeau dans le jeunesse. À mon humble avis, il s’adresse à des gens de tout âge, même si les protagonistes ne sont pas encore des adultes. On constate que peu importe l’âge du lecteur, il est facilement possible d’y trouver un plaisir de lecture, mais plus loin encore, on traite de sujets plus vieux de manière à ce que les jeunes ne se retrouvent pas trop dépaysés.  Si on prend l’exemple de la sexualité ou bien celle de l’homosexualité, on peut y lire de manière tout à fait décente et naturelle des passages plus rock’n'roll d’un personnage, une vie qui est humainement bien décrite et dont on peut s’identifier si le chapeau nous ressemble, ou nous fait, c’est selon.

C’est d’ailleurs cet aspect qui m’a plu de l’écriture de l’auteur. Chaque scène, chaque détail, nous amène précisément et avec finesse des images à l’esprit, comme un film qui se déroule devant nos yeux. Ce phénomène procure donc au lecteur un sentiment d’abandon, car il n’a plus à se concentrer pour lire les mots et n’a qu’à laisser aller son imaginaire. Lecture d’été? Je ne pense pas. Le style est léger, pas de doute là-dessus, mais c’est du jeunesse qui plaira aux adultes. Je pense aussi qu’il a le potentiel d’être le début d’une série prometteuse, qu’un lecteur d’occasion dévorera, ou lui fera connaître le plaisir de lire.

Loin de moi l’objectif de louanger Comeau, j’ai apprécié la lecture. L’aspect négatif demeure en sa trame trop rapide et à des fins de scénario parfois saugrenus. Les enfants acceptent rapidement de succomber à leurs «ravisseur», ce qui créé parfois des questionnements. Leur motifs sont moins poussés, même s’ils sont dans la fleur de l’âge. La fin se termine également de façon sec, j’ai eu l’impression de lire un prologue actif d’un vitesse folle dans une centaine de pages. Tout de même, ce qui est à retenir, c’est qu’on a pas le temps de tourner les pages pour déjà voir le livre fermé, rassassié de cette aventure qu’on aura dégustée au complet.

Ce que j’aime dans ce livre de vampires, c’est que ça parle pas juste de vampires. Ces derniers ne sont qu’un prétexte pour nous faire découvrir des jeunes vivants, qu’on voit à côté de nous, pendant qu’une lampe à la main, on essaie de dormir, les yeux trop rivés entre ces pages noircies d’encre.




La Scouine – Albert Laberge

11022011

La Scouine - Albert Laberge dans Critiques - Roman mariannelesperanceanalyseimage1

LA SCOUINE

(ALBERT LABERGE)

ROMAN – TYPO – 142 PAGES – 11.95$

La Scouine est le premier roman réaliste publié au Québec. Ces scènes de la vie rurale, qui décrivent, d’un regard pessimiste, les moeurs et les coutumes paysannes, composent un «anti-roman de la terre». On y lit des scènes de l’enfance, de l’adolescence et de la vie adulte de Paulima Deschamps, dite la Scouine, une vie pleine de laideurs, de cruautés et de misères. D’abord honni par l’Église puis discuté par l’institution littéraire, ce roman a finalement connu une heureuse carrière. Adapté à la scène et au cinéma, il a toute sa place dans l’étude de l’histoire littéraire.

Dans le cadre de mon troisième cours de français au CEGEP, intitulé Littérature Québécoise, l’enseignante n’a pu passé à côté de ce premier roman réaliste qui traduit bien l’époque des premières littératures au Québec. On y voit des éléments du terroir, c’est-à-dire l’importance que l’on accorde à la terre, à la nature et à la religion. Le livre transpose assez bien le lecteur dans ce Québec ancien, qui ne date pourtant pas de si longtemps.

L’impression que donne les mots de Laberge est troublante. J’ai senti une espèce de frustation envers ce manque flagrant de liberté dont était affublé nos ancêtres. Je n’ose croire à la vie rurale, parfois décadante, des temps où la libre pensée s’avérait une utopie.

Les personnages sont vaillants, même certains ne le sont pas, mais certes, ils ont leur âme bien à eux. Ils existent et on croit lire un documentaire sur des gens bien réels. Pourtant, il s’agit bel et bien d’une histoire romancée où quelques atrocités peuvent arriver. En effet, on rencontre le tempérament de la dite Scouine, surnom donné lorsqu’elle était jeune parce qu’elle pissait au lit, une personnalité égocentrique, agaçante et même parfois choquante. On constate que le bonheur de la terre n’est pas toujours présent et c’est là, selon moi, la raison pour laquelle cet oeuvre de Laberge a été proscrit par l’Église à l’époque.

Un bon livre à lire avec de courts chapitres qui ressemblent à des scènes, à des capsules, plutôt qu’à des évènements qui se croisent et se suivent. La lecture est plutôt facile, quoique le roman reste dans le courant réaliste. De mon côté, j’aime plus ou moins ce genre, mais la lecture imposée fut tout de même agréable. La décision de relire sera longuement réfléchie. 




Gros-Câlin – Romain Gary (Émile Ajar)

7122010

Gros-Câlin - Romain Gary (Émile Ajar) dans Critiques - Roman 9782070369065FS

GROS-CÂLIN

(ROMAIN GARY)

ROMAN – GALLIMARD – 12.95$

 » Je sais parfaitement que la plupart des jeunes femmes aujourd’hui refuseraient de vivre en appartement avec un python de deux mètres vingt qui n’aime rien tant que de s’enrouler affectueusement autour de vous, des pieds à la tête. Mais il se trouve que Mlle Dreyfus est une Noire de la Guyane française, comme son nom l’indique. J’ai lu tout ce qu’on peut lire sur la Guyane quand on est amoureux et j’ai appris qu’il y a cinquante-deux familles noires qui ont adopté ce nom, à cause de la gloire nationale et dur racisme aux armées en 1905. Comme ça, personne n’ose les toucher. « . 

Rappelons que Romain Gary est le seul auteur qui a gagné deux fois le prix Goncourt, ce qui à prime abord, est impossible. Cependant, l’auteur a eu une oeuvre primée sous son vrai nom et une autre sous le pseudonyme d’Émile Ajar. On a découvert après sa mort que ce dernier était en fait Gary. En effet, il était possible de remarquer que les romans avaient une personnalité différente selon la plume à laquelle ils étaient associés. Gros-Câlin fait partie des livres d’Ajar.

J’aime le style lourd de sens, sans contredis. Chaque mot semble pesé et pensé des heures durant. On sourit face aux nombreuses métaphores, aux figures de styles parfois loufoques et aux sous-entendus qui laissent placent à l’imagination. L’absurdité tout au long du livre est un vrai régal, on ne peut s’arrêter de sous-peser les phrases en se trouvant «dont intelligent» parce qu’on est apte à lire les subtilités. C’est à mon avis une oeuvre de littérature accessible malgré qu’il soit tout de même lourd du début à la fin. On ressent cependant que l’auteur n’écrivait pas pour l’élite, mais bien pour son public.

La littérature d’Ajar est agréable. Elle est comique et va vers un non-sens, paradoxalement au fait qu’il semble incorporer un sens à tout. Les obstacles dans ma lecture étaient peu nombreuses, quoique je sentais parfois que le narrateur s’enfonçait trop dans son délire. Malgré cela, on ne peut s’arrêter de lire, ce qui semble bizarre puisque la situation est totalement grotesque: un homme qui vit avec un python et qui réfléchit à sa vie en sa compagnie.

Le tout est une parfaite allégorie de la solitude de l’homme. On ressent tout le poids d’un être seul dans une foule, dans une ville où le nombre d’habitants dépassent de beaucoup ceux des pythons. L’amour est un thème qui est abordé d’une façon tout à fait moderne, probablement qu’elle était traitée de façon nouvelle à l’époque.

Une oeuvre dont je ne peux nier la qualité et qui mérite d’emblée sa place dans le temple de la littérature.

J’ai hâte que ma coloc m’amène «La vie devant soi» après les fêtes. Je vais me régaler en 2011.




Pour de Vrai – François Avard

26072010

Pour de Vrai - François Avard dans Critiques - Roman pourdevrai

POUR DE VRAI

(FRANÇOIS AVARD)

ROMAN – LIBRE EXPRESSION – 24.95$

« Mon idée pouvait sembler folle, mais avec le temps j’ai développé l’instinct pour savoir reconnaître un concept épatant. Le voici : j’irai réellement rencontrer les bêtes noires de mon passé. Je confronterai ces personnes avec les stigmates qu’elles ont laissés dans ma biographie. Je les questionnerai sur leur vie, sur ce que chacun est devenu malgré ou à cause de moi. Le hook du concept, « l’accroche », c’est que vous lirez le résultat de ces enquêtes dans les pages suivantes. » Tel est le projet d’Avard : un reality book où il est notament question de destins qui se croisent. De même qu’un duel entre la vérité et le mensonge, entre le vrai et le faux, entre la vérité et le mensonge, entre le vrai et le faux, entre la réalité et la fiction. Oh, et puis, il y a bien sûr, Bibi, les ennuis quotidiens le toit percé…

Autant j’ai aimé le style décapant de Dompierre, autant je retrouve ce culot d’auteur dans le roman d’Avard.  Un mélange entre la réalité et la fiction qui brouille les pistes. L’écrivain a alors tout ce qu’il faut pour amener le lecteur où bon lui semble.

Ça se lit tout seul. Le livre est très bien structuré, paradoxalement à un style très déstructuré, mais bien fait.  Avard nous ramène tout le temps dans le doute et on adore ça.  Les pensées du personnage principal sont tout simplement succulentes, soit on les acquiesce avec un sourire, soit les on boude avec ce même sourire.  Parlant de rire, dans tout ça, il y a un humour noir et une critique sociale admirable.  Le concept en général est très originale, quoiqu’on retrouve certaines longeurs, notamment le quotidien d’Avard et de sa Bibi.  Même si l’auteur explique que tout dans le livre a un sens face à sa vision de la vie et de la sienne, on accroche pas toujours.  Quoiqu’il en soit, on tourne tout de même les pages rapidement et on embarque dans le plan fou d’Avard de tout remettre en cause et de voyager à travers son passé si banal, mais qui peut, par une imagination débordante, reprendre des ardeurs.

 Bref, une aventure rocambolesque dont on doit plonger tête première sans se poser de questions, même si ces dernières vous hanteront tout au long de la lecture.

 Bonne chance pour démêler le vrai du faux, j’en suit pas encore arrivé!

Ma note: 9/10




Les Princes de Santerre (1) Premier Mal – Luc St-Hilaire

20052010

Les Princes de Santerre (1) Premier Mal - Luc St-Hilaire dans Critiques - Roman AAA

LES PRINCES DE SANTERRE (1)

PREMIER MAL

(LUC ST-HILAIRE)

ROMAN – DE MORTAGNE – 349 PAGES – 22.95$

Deux frères que tout unit, car ils sont jumeaux et Marqués-du-destin par Vorgrar, le plus puissant des six membres de la Race Ancestrale, Deux frères que tout oppose, car l’un élevé par son père, le Grand Seigneur Alisan, et l’autre par sa mère, originaire du Pays se Santerre. C’est en eux que se précisent les deux Pensées, celles qu’on nomme le Bien et le Mal. Ils deviendront des adversaires, qui s’aiment autant qu’ils se haïssent. De l’issue de leur affrontement dépendra l’avenir de tous les peuples du Monde d’Ici. 

Tome 1 : Premier Mal 

Tandis que Vorgrar tourne le dos à ses froeurs, les énénements se précipitent à Saur-Almeth, la flamboyante cité Alisane. Le Grand Seigneur Mithris Sauragon découvre que son épouse s’est enfuie en emmenant un de ses fils en Pays de Santerre. Une poursuite sans pitié s’engage tandis que le second fils reste auprès de son père, convoitant son pouvoir, première étape qu’il doit franchir afin de dominer le Monde d’Ici. Inexorablement, les Races Anciennes, les Races Premières et Moyen Peuple seront entraînés dans le Premier Mal.

Ma critique va être moins longue que le résumé.  Parce que je vais être franc, j’ai pas réussi à le finir, mes paupières fermaient toutes seules (c’est tanant des paupières des fois non?). 

J’avais acheté le livre parce que j’avais aimé la couverture et le ti-peu de résumé. Buz! Mauvais jugement… J’aurais dû lire les trois premières pages pour savoir que j’allais reposer le livre sur ma tablette sans jamais y refourrer le nez.  Le problème avec le roman de St-Hilaire? Un style désolant, une écriture que je trouve peu soignée, des longueurs étouffantes.  Et quand j’ai rencontré l’auteur au Salon, je lui ai posé une question bien simple, qu’il a eu l’air de trouver conne en me regardant de bas en haut: Votre écriture comporte-t-elle un vocabulaire simple? En passant Monsieur St-Hilaire, c’est pas stupide comme question, je me demandais juste si j’étais dans votre public cible.  Pas besoin de me répondre à la défensive que vous faites des recherches pour trouver vos mots.  Même l’auteur de Caillou fait ça! (Et même Anne Robillard…) 

Je donne une chance à l’auteur en lui promettant de retenter le coup avec un autre de ses romans.  Je vais alors pouvoir juger correctement.  En ce qui concerne Les Princes de Santerre, c’est une série que j’aurais voulu aimé, mais dont j’ai décroché et dont je n’ai aucunement le goût de retenter l’expérience pour voir si ça va s’améliorer parce que il y a trop de livres à lire pour que je m’y attarde.

Finalement, ma critique était plus longue que le résumé! On a toute que des surprises dans la vie.

 Ma note: 2/10 pour l’effort!

 




Les Cerfs-Volants de Kaboul – Khaled Hosseini

16052010

Les Cerfs-Volants de Kaboul - Khaled Hosseini dans Critiques - Roman cervolants

LES CERFS-VOLANTS DE KABOUL

(KHALED HOSSEINI)

ROMAN – 10/18 ÉDITEUR – 406 PAGES – 15.95$

Dans les années 70 à Kaboul, le petit Amir, fils d’un riche commerçant pachtoun, partage son enfance avec son serviteur Hassan, jeune chiite condamné pour ses origines à exécuter les tâches les plus viles. Liés par une indéfectible passion pour les cerfs-volants, les garçons grandissent heureux dans une cité ouverte et accueillante. Ni la différence de leur condition ni les railleries des camarades n’entament leur amitié. Jusqu’au jour où Amir commet la pire des lâchetés… Eté 2001. Réfugié depuis plusieurs années aux Etats-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan.  » Il existe un moyen de te racheter », lui annonce la voix au bout du fil. Mais ce moyen passe par une plongée au coeur de l’Afghanistan des talibans… et de son propre passé.

Ce qui est fascinant avec ce roman, c’est de se sentir plonger en plein coeur de l’Afghanistan, avant et après la guerre russe.  L’auteur a ce don de faire humer à ses lecteurs les parfums de son pays natal, de faire découvrir aux avides de mots un monde complètement différent de la société occidentale.  On est à Kaboul, on joue avec Amir et Hassan, on prend plaisir à vivre parmi eux.

La constante remise en question du personnage principal est réussi et heureusement pour nous, le narrateur en «je» est idéal.  On ressent sa culpabilité tout au long du roman, jusqu’à connaître comment se traduira enfin sa rédemption.  Il s’agit donc ici, d’une lecture qui peut émouvoir et qui cause un effet choc.  La guerre, tel qu’on la connaîtra jamais, est traduit de façon horrible sur plan émotionnel dans le livre, sans pour autant utiliser de mots crus ou d’images violentes.  Là est selon moi la force du roman: nous émouvoir autant avec une ambiance réussie.

Finalement, le seul défaut en ce roman se constitue peut-être dans les quelques longueurs, les descriptions qui parfois n’en finissent plus de finir, ce qui devient agaçant.  Même si on embarque assez rapidement dans la culture afghane, on peut se tanner d’y avoir de longues pages parfois ennuyantes.  N’empêche, se livre s’avère un excellent tremplin pour connaître la culture de là-bas et c’est bien dosé entre la romance et la réalité.  À lire, sans contredis!

Ma note: 8/10




Cujo – Stephen King

27032010

Cujo - Stephen King dans Critiques - Roman cujo-king-steCUJO

(STEPHEN KING)

ROMAN – LIVRE DE POCHE – 443 PAGES – 12.95$

Cujo est un saint-bernard de cent kilos, le meilleur ami de Brett Camber, qui a dix ans. Un jour, Cujo chasse un lapin qui se réfugie dans une sorte de petite grotte souterraine habitée par des chauves-souris.  Ce qui va arriver à Cujo et à ceux qui auront le malheur de l’approcher constitue le sujet du roman le plus terrifiant que Stephen King ait jamais écrit. Brett et ses parents, leur voisin Vic Trenton et sa femme Donna, un couple en crise, Tad, leur petit garçon, en proie depuis des semaines à des terreurs nocturnes: tous vont être précipités dans un véritable typhon d’épouvante, un cauchemar nommé Cujo… 

Il y a longtemps que j’ai lu ce livre (2007 – trois ans!? que le temps passe vite…).  Ce que j’aime dans ce genre de critique, c’est les effets que le roman donne après ce long moment sans avoir redécouvert l’histoire de King.  Car bien entendu, je ne peux analyser l’oeuvre, identifier les points forts ou faibles tels que je le fais habituellement avec les livres frais dans ma mémoire.  On parlera donc ici d’impression, en tout cas, de ce qu’il en reste.

Je me rapelle une histoire allumante vers la fin, mais dont on avait de la difficulté à embarquer au départ par une surcharge de détails.  Un scénario simple (un chien qui a la rage et qui tue tout le monde), mais une intrigue bien ficelée, qui se suis bien.  Personnellement, j’avais bien aimé.  J’avais dès lors découvert le style de King, que je trouve parfois ennuyant pour avoir tenté d’autre de ses oeuvres (Roadmaster et Cellulaire).   La fin de Cujo m’avait fait tourner les pages assez rapidement faut dire et j’avais été rassasié en masse par une bonne dose de frousse et de suspense.

Un point que j’avais aimé dans Cujo, c’est qu’il s’agissait d’une oeuvre plus aboutie que les livres que je lisais cette année-là (j’étais dans ma passe Amos Daragon).  La traduction était bonne, car les mauvaises traductions me faisaient refermer le livre à tout coup.  Cujo, un livre que je possède encore dans ma bibliothèque, mais que j’ai pas nécessairement envie de relire.  Finalement, un livre à lire un fois, qui n’est pas un chef d’oeuvre en temps que tel, mais qui permet de passer du bon temps.

Ma note: 6/10




Lorsque j’étais une oeuvre d’art – Eric-Emmanuel Schmitt

26022010

Lorsque j'étais une oeuvre d'art - Eric-Emmanuel Schmitt dans Critiques - Roman 568303-gfLORSQUE J’ÉTAIS UNE OEUVRE D’ART

(ERIC-EMMANUEL SCHMITT)

LIVRE DE POCHE – ROMAN – 253 PAGES – 10.95$

Lorsque j’étais une oeuvre d’art est un livre sans équivalent dans l’histoire de la littérature, même si c’est un roman contemporain sur le contemporain.  Il raconte le calvaire d’un homme qui devient son propre corps, un corps refaçonné en oeuvre d’art au mépris de tout respect pour son humanité.  Malléable, transformable, il n’est plus qu’un corps sans âme entre les mains d’un esprit diabolique dont le génie tient avant tout à son manque de scrupule.

En partant, je vous le dis, ce livre est un chef d’oeuvre, sans jeu de mots.  On se met à la place d’un homme dont on a retiré l’humanité.  Il est réduit à n’être qu’un simple jouet, un joujou que l’on vend, que l’on place aux enchères, que l’on met sur un socle pour qu’il reste planté là toute la journée dans un musée à se faire admirer par de nombreux visiteurs.  Est-il beau? Est-il laid? Personne ne le sait, surtout pas le lecteur, donnant une profonde atmosphère créative à ce dernier qui peut se l’imaginer comme il l’entend.  Plus poussé que ça, à l’intérieur même du livre, les autres personnages ne savent pas plus s’il est laid ou s’il est beau, car l’art est abstrait et on se demande si ce n’est pas l’artiste qui fait cet art-là. 

Il y a dans ce bouquin un mélange de thèmes tournant tous autour de l’art d’aujourd’hui.  La popularité des oeuvres, la valeur de ces oeuvres par rapport à l’artiste, la beauté, la laideur, les processus créatifs, les musées, la rigidité des gouvernements face à leur acquisitions artistiques, l’humain face à l’art.  L’homme, libre et serein, s’en voit renvoyer à une prison de lui-même qui nous amène à nous demander si nous avons cette liberté tant proclamée. 

Que vous aimiez l’art ou non.  Ce roman est fait pour vous.  Sous un style unique, fluide, agréable et des personnages forts attachants ou totalement méprisables, vous apprenez sur l’art tout en l’aimant et en la détestant à la fois, car on y voit clairement les deux côtés de la médaille.

Un classique de littérature je vous dis.  Allez! Précipitez-vous! Go!

10/10 




L’Affaire Trystero – Laurent Chabin

16122009

L'Affaire Trystero - Laurent Chabin dans Critiques - Roman 12807

L’AFFAIRE TRYSTERO

(LAURENT CHABIN)

ROMAN – ÉDITIONS HURTUBISE – 184 PAGES – 12.95$

Résumé:

Un crime particulièrement ignoble vient d’être commis sur un campus. Douglas Feral, la victime, professeur au département d’histoire ancienne à l’Université de Calgary, était un homme tranquille et respecté, qui n’avait aucun ennemi connu. S’agit-il d’une erreur ? Or, au fur et à mesure que défilent les témoins – qui, chacun leur tour, prennent la parole – le mystère s’épaissit et le nom de l’énigmatique et insaisissable Trystero apparaît partout, n’apportant que confusion et ténèbres supplémentaires. Qui est ce mystérieux personnage surgi d’un autre âge? Quelles sont ses effrayantes motivations? A-t-il vraiment existé ? L’inspecteur Keaton secondé par son acolyte Arbuckle, mène l’enquête. Tous deux déstabilisés par tout ce charabia de lettré, doivent demander l’aide du Dr V. Pynchon, médecin légiste et ancien étudiant de Feral. Tandis que l’enquête piétine, sous l’oil attentif de l’assassin, les meurtres s’accumulent et l’effroyable vérité – que personne ne veut vraiment affronter – demeure cachée sous les mours hypocrites des plus hautes personnalités de la ville. Proxénètes, professeurs d’université, jeunes femmes asiatiques et inspecteur de la GRC se côtoient dans ce polar polyphonique passionnant.

Commentaires

Une roman sans réel intérêt qui ne pique rien du tout, sinon l’envie de dormir.

Faut l’avouer, vite comme ça, le quatrième de couverture met l’eau à la bouche.  Cependant, au fil de la lecture, je me suis rendu compte que l’essentiel m’avait déjà été dit et que les supposées surprises dans le roman étaient soit trop banales, soit mal amenées donc évidentes, soit clichées.  Prenez l’exemple sur la finale où on nous balance comme ça, à froid, que l’agresseur était victime et qu’elle avait une jumelle qui explique tout.  En passant, les jumelles qui se font passées pour leur soeur, c’est passé mode et déjà vu.

Il m’a fallu un réel effort pour terminer la lecture de ce bouquin car j’espérais tout de même être surpris.  Non. Rien.  La mort totale.  J’ai eu l’impression que les punchs étaient balancés tout croche et que ça donnait, au final, rien du tout. L’enquête tourne en rond, les policiers sont incompétents, la littérature anglaise a une place de choix et le nom de Trystero qui revient tout le temps est semi inutile.  On aurait pu s’en passer. 

Le style de l’auteur est travaillé mais sans plaisir dans la lecture.  Un peu comme un orateur qui choisit bien ses mots mais qui a un timbre de voix trop sobre ou terne.  C’était endormant.  J’ai vraiment été chanceux que le livre ne contiennent que 184 pages sinon je n’aurais pas réussi à aller jusqu’au bout.  Les répétitions de situations sont nombreuses, trop, malheureusement. 

Finalement, je vous le recommande pas vraiment, il se fait de la lecture policière meilleure que ça au Québec.  En fin de livre, on stipule que c’est la première fois que l’auteur s’adresse à un public plus vieux.  Il aurait peut-être dû rester dans le jeunesse.

Ma note: 3.5/10

Liens:

+Éditions Hurtubise  

+L’Affaire Trystero – Archambault.ca







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