Gros-Câlin – Romain Gary (Émile Ajar)

7 12 2010

Gros-Câlin - Romain Gary (Émile Ajar) dans Critiques - Roman 9782070369065FS

GROS-CÂLIN

(ROMAIN GARY)

ROMAN – GALLIMARD – 12.95$

 » Je sais parfaitement que la plupart des jeunes femmes aujourd’hui refuseraient de vivre en appartement avec un python de deux mètres vingt qui n’aime rien tant que de s’enrouler affectueusement autour de vous, des pieds à la tête. Mais il se trouve que Mlle Dreyfus est une Noire de la Guyane française, comme son nom l’indique. J’ai lu tout ce qu’on peut lire sur la Guyane quand on est amoureux et j’ai appris qu’il y a cinquante-deux familles noires qui ont adopté ce nom, à cause de la gloire nationale et dur racisme aux armées en 1905. Comme ça, personne n’ose les toucher. « . 

Rappelons que Romain Gary est le seul auteur qui a gagné deux fois le prix Goncourt, ce qui à prime abord, est impossible. Cependant, l’auteur a eu une oeuvre primée sous son vrai nom et une autre sous le pseudonyme d’Émile Ajar. On a découvert après sa mort que ce dernier était en fait Gary. En effet, il était possible de remarquer que les romans avaient une personnalité différente selon la plume à laquelle ils étaient associés. Gros-Câlin fait partie des livres d’Ajar.

J’aime le style lourd de sens, sans contredis. Chaque mot semble pesé et pensé des heures durant. On sourit face aux nombreuses métaphores, aux figures de styles parfois loufoques et aux sous-entendus qui laissent placent à l’imagination. L’absurdité tout au long du livre est un vrai régal, on ne peut s’arrêter de sous-peser les phrases en se trouvant «dont intelligent» parce qu’on est apte à lire les subtilités. C’est à mon avis une oeuvre de littérature accessible malgré qu’il soit tout de même lourd du début à la fin. On ressent cependant que l’auteur n’écrivait pas pour l’élite, mais bien pour son public.

La littérature d’Ajar est agréable. Elle est comique et va vers un non-sens, paradoxalement au fait qu’il semble incorporer un sens à tout. Les obstacles dans ma lecture étaient peu nombreuses, quoique je sentais parfois que le narrateur s’enfonçait trop dans son délire. Malgré cela, on ne peut s’arrêter de lire, ce qui semble bizarre puisque la situation est totalement grotesque: un homme qui vit avec un python et qui réfléchit à sa vie en sa compagnie.

Le tout est une parfaite allégorie de la solitude de l’homme. On ressent tout le poids d’un être seul dans une foule, dans une ville où le nombre d’habitants dépassent de beaucoup ceux des pythons. L’amour est un thème qui est abordé d’une façon tout à fait moderne, probablement qu’elle était traitée de façon nouvelle à l’époque.

Une oeuvre dont je ne peux nier la qualité et qui mérite d’emblée sa place dans le temple de la littérature.

J’ai hâte que ma coloc m’amène «La vie devant soi» après les fêtes. Je vais me régaler en 2011.


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2 réponses à “Gros-Câlin – Romain Gary (Émile Ajar)”

  1. 7 12 2010
    richard tremblay (22:04:56) :

    Ah ! Gros-Câlin. Quel plaisir ce roman. Du bonbon de la première à la dernière. Et les deux autres sont pas mal non plus. Mais Gros-Câlin, c’est the best.

    Dans mon top Dix.

  2. 8 12 2010
    kevengirard (14:36:09) :

    Bien d’accord avec toi Richard! J’ai très hâte de lire La vie devant soi!

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