L’importance des Harlequin, Amos Daragon et Chevaliers d’Émeraude

2 12 2010

Il y a eu un débat récemment sur la blogosphère à propos de l’utilité des succès commerciaux en librairie, qui, selon certains, font tout pour se vendre au détriment de la qualité littéraire. Pour illustrer mon point de vue, j’ai trois histoires à vous raconter.

L’histoire de ma mère:

Elle a tout juste réussi sa 2e année et a de la difficulté en français. Ma mère, c’est une battante. Elle n’a pas peur de montrer qu’elle est capable. Malheureusement, il y a des évènements dans une vie qui nous amènent à des chemins différents. Néanmoins, malgré sa difficulté avec la langue française, ma mère s’est mise il y a quelques années à lire les romans Harlequin qu’on lui prêtait. Certaines de ses amies en avaient des caisses. Elle lit, lit et lit. Sans arrêt. Avant de se coucher, dans la journée, le matin. Elle aime et plus tard, miracle! elle s’achète ses propres livres! Savez-vous ce que je lui ai acheté à sa fête l’an passé? Le tome 2 des Accoucheuses d’Anne-Marie Sicotte. Une grosse brique qu’elle a dévorée en une semaine! Et elle avait lu le tome 1, logiquement. D’une mère avec des difficultés à lire, la voilà dévoreuse de romans de centaines et centaines de pages!

L’histoire de mon ami:

Je lui dis en 2007 que je travaille au Salon du Livre de Jonquière. Il n’aime pas énormément lire, mais il a lu tous les Harry Potter. Son parcours littéraire se résume à ça, d’ailleurs. Il vient donc au Salon pour venir me voir. Il me dit qu’il a amené à peine vingt dollar, étant certain de toute façon qu’il n’achèterais rien. Quand il me dit cela, je m’empresse de l’amener au kiosque des Intouchables et l’oblige carrément à acheter le premier tome d’Amos Daragon. Il adore sur-le-champ! Il lis dans la même année tous les tomes de la série et entame par la suite celle des Chevaliers d’Émeraude. 24 livres en un an! Pour quelqu’un qui ne lisait que rarement et qui voulait pas dépenser dans des livres, le voilà vaincu puisqu’il regarde maintenant d’autres livres. Et vous savez quoi? Malgré sa lecture des romans d’Anne Robillard, il me dit que les livres ont des faiblesses et plusieurs. Il a même développé son côté critique… Bravissimo!

L’histoire d’une bole en math:

Ça aime les chiffres, pas nécessairement les lettres. Ça va à la bibliothèque de l’école par obligation, non par choix. Pourtant, en 2008, je lui passe entre les mains le premier tome des Chevaliers d’Émeraude. Un gars qui lisait jamais de livre se met à en lire 12 en une année! Un miracle dites-vous? Imaginez l’impression de vide lorsqu’il a terminé la série. Quelle sera la prochaine qu’il entamera? Arielle Queen, Entités, Les Enfants de Dracula?

Vous comprenez donc que je soutiens le fait que des romans populaires et commerciaux aident l’industrie dans le sens où ils amènent les gens à lire. Bien entendu, je ne suis pas pour la piètre qualité qu’ont certains succès et déplore le fait qu’on manque de vigilance pour faire de l’argent. Je me dis que dans un monde idéal, tous les livres seraient bien écrits et que ces succès auraient encore plus d’impact, mais malheureusement, je suis sur la Terre, pas sur Mars!


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7 réponses à “L’importance des Harlequin, Amos Daragon et Chevaliers d’Émeraude”

  1. 2 12 2010
    Elisabeth (19:00:25) :

    ;)

  2. 2 12 2010
    Carl (20:41:57) :

    C’est vrai que les grands succès qui sont boudés par les habitués de la place sont importants, ce sont eux qui amènent les lecteurs dans le milieu littéraire. Ces nouveaux assoiffés vont ensuite se diriger vers des auteurs moins connus, mais dont le style est similaire, puis ils iront plus encore jusqu’à se retrouver à acheter un livre d’un auteur inconnu d’une maison d’édition inconnu tout simplement parce qu’il s’y connaîtront assez pour savoir ce qu’ils aiment.
    Je ne sais plus quel auteur disait ça, mais il disait que 90% de ce qui est publié est de la merde et que, vu le peu de titre en SF et fantasy, on a l’impression qu’il y a beaucoup de merde qui se fait. J’ajouterais à ça que de la merde, c’est relatif. On fait des balles avec de la merde d’éléphants, non ?

  3. 2 12 2010
    kevengirard (23:48:35) :

    @Elisabeth: :P

    @Carl: Tout à fait d’accord avec toi. Très belle métaphore la merde d’éléphants, tu as raison, la merde c’est relatif…

  4. 3 12 2010
    Gen (08:26:10) :

    Je connais tellement de gens qui ont commencé à lire grâce aux romans « Les royaumes oubliés » de TSR. Et en fait de merde, on a difficilement fait pire! (À part les trois premiers tomes de l’Elfe noir, qui étaient des petits bijoux)

    Et ces gens-là, après un temps, regardent l’offre de fantasy et font la baboune : voyons, tout se ressemble! C’est alors qu’ils commencent à fouiller et à lire des trucs différents.

  5. 3 12 2010
    kevengirard (13:58:49) :

    @Gen: Je connais pas des bijoux. Je vais feuilleter ça en librairie par curiosité. Et tu as parfaitement raison, faut commencer à quelque part hein?

  6. 4 12 2010
    Isabelle Lauzon (07:59:20) :

    J’aime beaucoup tes exemples, Keven. C’est souvent comme ça qu’on commence : par des lectures plus faciles, plus faciles à lire et à comprendre. Les Harlequin, j’ai commencé par ça moi aussi. Et au fil du temps, on découvre plus, on découvre mieux, et on se rend compte qu’il y a autre chose ailleurs, et voilà, on a la piqûre et la passion pour la lecture est née!!!

    Aujourd’hui, ne me demande pas de lire un Harlequin, je vais mettre le feu dedans… :D

  7. 7 12 2010
    kevengirard (01:22:21) :

    Je l’avoue moi aussi: j’ai commencé par Harry Potter (mais ça c’est vraiment bon! hihi), puis Amos Daragon, et Les Chevaliers d’Émeraude. Et confidence, en 2008 c’est le dernier tome de la série d’Anne Robillard que j’ai demandé à Noël. Aujourd’hui? Pu capable! Mais je remercie ces auteurs qui m’ont quand même fait passer du bon temps en temps et lieu! Aujourd’hui, j’aime des lectures plus difficiles et j’en suis fier!

    Merci Isa de ton  »témoignage » hihihi!

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